Le « suivi » juridique

La plainte de la famille

Le lendemain du meurtre de Babacar, le 4 décembre 2015, l’avocat Maître Barry se présente à Awa, la soeur de Babacar, accompagné du consul du Sénégal. Maître Barry se présente comme un compatriote sénégalais et dit être touché par ce qui vient de se passer. Il souhaite également défendre le dossier gracieusement. Awa lui fait confiance et le mandate comme avocat. Elle se porte partie civile et dépose une plainte pour homicide volontaire auprès du procureur de la République de Rennes.  En juillet 2016, après les événements contre la loi travail, l’avocat reçoit enfin le dossier mais il annonce au même moment qu’il ne sera plus l’avocat d’Awa. Quelques semaines plus tard, Awa mandate alors Me Maugendre qui a défendu l’affaire Ali Ziri.

Le nouvel avocat ne récupèrera le dossier qu’au mois de novembre seulement, soit après 2 mois d’attente interminables pour les proches. Awa ne verra le dossier et le rapport d’autopsie pour la première fois qu’en juillet 2017, soit presque 2 ans après la mort de Babacar

Le dossier révèle que Babacar n’était sous l’emprise d’aucun psychotrope, que 3 policiers ont porté plainte contre lui pour tentative de meurtre sur officier de police, et qu’aucun policier n’est poursuivi. Il montre également qu’aucune expertise balistique n’a été faite.

Le 17 mars 2017, soit 15 mois après les faits, nous apprenons que le parquet ouvre une nouvelle enquête. Seuls les proches de Babacar sont entendus. Aucun policier ni pompier n’est convoqué. Une expertise en psychiatrie est également demandée.

NOUS EXIGEONS LA MISE EN EXAMEN DES POLICIERS IMPLIQUES ET L’OUVERTURE D’UN PROCÈS

Les avocats:

Me Barry: 4 décembre 2015 – août 2016. Me Barry a envoyé la plainte par fax et non en Recommandé avec Accusé de Réception. Ce non-respect de la procédure a fait que le doyen des juges d’instruction n’a jamais été saisi.

Me Maugendre: août 2016 – juin 2018. Au départ indigné de l’attitude de Me Barry, il a finalement dû considérer que l’Aide Juridictionnelle n’était pas suffisante pour étudier le dossier en profondeur et réclamer qu’une expertise balistique soit faite.  Il devait également être débordé par d’autres affaires au point de ne pas jamais rappeler Awa ni de la recevoir en RDV en 1,5 an.

Me Ténier: depuis juin 2018. Nous avons beaucoup d’espoirs avec cette nouvelle avocate qui a fait condamner le patron de la BAC de Rennes à 10 mois de prison avec sursis pour violences et mensonges en juillet 2016. Nous apprenons à travers ce procès que ce policier a formé les agents de la BAC de Rennes pendant plusieurs années et qu’il est toujours en service. Lire le témoignage de l’avocate dans l’article d’Alter 1fo « La justice est une machine à broyer les gens »

 

En dates:

janvier 2016: la plainte n’avait toujours pas été reçue, en cause peut-être le changement de procureur, Thierry Pocquet du Haut-Jussé ayant été remplacé par Nicolas Jacquet.

février 2016: Maître Barry est allé déposer la plainte en mains propres au procureur.

juillet 2016: l’avocat a enfin pu accéder au dossier.

Août 2016: l’avocat annonce qu’il ne pourra plus suivre le dossier. La famille mandate un nouvel avocat, Maître Maugendre, avocat pénaliste en région parisienne.

Novembre 2016 : après 2 mois d’attente interminables, le nouvel avocat Maître Maugendre récupère le dossier.

Février 2017: La juge d’instruction est enfin nommée

Mars 2017: une nouvelle enquête est ouverte

Mai 2017: Awa rencontre la juge d’instruction Mme Ségalen.

Juin 2018: Awa attend depuis le mois de septembre que son avocat lui accorde un RDV pour étudier le dossier

Juin 2018: Awa mandate Me Ségalen, avocate pénaliste de Rennes en remplacement de l’ancien avocat qui n’avait rien fait pour faire avancer l’enquête.

Les enquêtes

Deux enquêtes avaient été diligentées après la mort de Babacar :

  • la première confiée à la police judiciaire devait élucider les faits commis par Babacar sur les policiers.
  • la deuxième confiée à l’antenne de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) sur les conditions de l’usage des armes par les fonctionnaires de police.

En mars 2017, la juge d’instruction Madame Ségalen rouvre l’enquête et reçoit Awa en mai. Depuis, l’enquête est toujours en cours.

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