Marches, rassemblements, manifestations

Soirée projection « Les coups de leurs privilèges »

Le film documentaire « Les coups de leurs privilèges » est sorti en février 2017. Il tourne actuellement un peu partout en France. La soirée sera à prix libre pour aider le collectif à inviter les producteurs de Va Te Faire Intégrer et à projeter le film. La cantine et les stands seront également un moyen de soutenir la démarche.

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Contre le désir d’amnésie, le devoir de mémoire

 « Parce qu’avec ou sans justice,

l’oubli est sans conteste

un ultime et terrible préjudice »

Cases Rebelles, 100 Portraits contre l’Etat Policier,

Editions Syllepse, Paris 2017, 276 pages, 10 euros

Il est des manifestations qu’ils voudraient interdire

Hier, 3 décembre 2016, c’était à la marche commémorative pour Babacar qu’ils nous avaient défiés.

Hier, c’était Marine Le Pen et consorts qui voulaient l’interdiction des manifestations contre les violences policières.

Aujourd’hui 10 mars 2017, nous apprenons que c’est le préfet, Monsieur Christophe Mirmand, qui nous interdit de manifester. Nous craignions une nouvelle descente du GUD ou autres Ultras, mais ce sont des CRS dont nous devrons une nouvelle fois nous protéger. Gardiens de la paix ou forces de l’ordre?

Aujourd’hui 10 mars 2017 est une date historique: le policier Damien Saboundjian condamné en appel à 5 ans de prison avec sursis et 5 ans d’interdiction de port d’arme pour avoir tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos à Noisy-le-Sec en 2012. Victoire pour la famille Bentounsi, pour Amal. Espoir pour les autres familles qui réclament justice. Défaite pour le corps de la police qui ne s’attendait pas à ce verdict. Mais nous ne sommes pas dupes, 5 ans avec sursis, c’est trop peu. C’est injuste.

Nous n’appelons pas à la violence, nous n’appelons pas au calme. Nous appelons au droit fondamental de manifester et au refus de l’intimidation par les institutions sous couvert d’état d’urgence. Nous appelons à l’expression dans la rue d’un refus de pratiques contraires aux Droits de l’Homme, au refus du racisme ordinaire et systémique, au refus de la violence d’Etat, des mensonges et de l’impunité policière. Nous appelons au refus de l’état policier qu’ils veulent nous imposer. Nous réclamons notre droit à vivre libres.

Lors de la manifestation du 18 février en soutien à Théo, 5 personnes ont été interpelées: 2 risquent une amende pour port de foulards. Nous questionnons: si tel est le cas, pourquoi la police a-t-elle laissé défiler un groupe de supporters ultras le 27 janvier 2017, 1h durant, alors que la préfecture avait interdit le déplacement des supporters nantais ? Pourquoi les policiers n’ont interpelé personne lors du second défilé du GUD samedi dernier alors que certains portaient casques, lunettes de piscine et cagoules ?

Suite à cette manifestation, nous avions posté un message sur notre page facebook où nous rappelions notre devoir de protéger les plus vulnérables. Nous souhaitions rappeler la responsabilité que nous avons les uns envers les autres. Nous souhaitions que nous, manifestants, aillions au devant de ces interpellations pour ne pas leur laisser le plaisir d’embarquer ces proies faciles et de remplir les quotats.  Monsieur le Préfet, lorsque vous interdisez la manifestation parce « que des collectifs ou associations appellent à empêcher les interpellations sur cette manifestation », êtes-vous en train de penser que nous faisons l’éloge de la violence ?

Il est des actes qu’ils aimeraient nous faire oublier

La semaine dernière, une peinture monochrome a une nouvelle fois recouvert le tristement célèbre « hommage à Babacar ». Simple ravalement de façade ou désir d’amnésie? Lors de sa venue à Maurepas le 16 février pour la politique de la ville et le logement, François Hollande a semble-t-il levé les yeux vers ces grandes lettres noires majuscules. Qu’a-t-il pensé en les lisant ? Ne savait-il pas que si elles sont revenues une première fois elle reviendraient une troisième ? Que lorsque seuls les mots restent, nous museler est une insulte à nos morts et à notre dignité ?

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Il est des types de personnes qu’ils veulent rendre invisibles

Les victimes des violences et des crimes policiers en font partie, mais chaque jour encore nous lutterons en leur mémoire. Nous brandirons leurs portraits, nous scanderons leurs noms, et nous n’oublierons pas. Non, nous n’oublierons pas.

Invisibilisez-nous et nous crierons plus fort

« Un jour viendra où notre silence sera plus puissant
que les voix que vous étranglez aujourd’hui »
Dernières paroles d’Augustin Spies,
1er mai 1886

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Nous, Awa et le Collectif Justice pour Babacar, avons organisé une marche commémorative pour les 1 ans du meurtre de Babacar Gueye par un agent de la BAC le 3 décembre 2015 à Rennes.

Cette marche a eu lieu notamment grâce à l’énergie et à l’aide matérielle apportée par des collectifs proches de familles de crimes policiers, par des organisations locales et par toutes les personnes qui nous ont aidé individuellement. (1)

Trois heures durant nous avons marché dans le froid, de Maurepas, où Babacar a été tué, jusqu’au Mail François Mitterrand. Nous étions environ 400 accompagnés de gens de Paris, Nantes, Lille et Strasbourg.

Les frères et soeurs Ramata Dieng (Lamine, 2007), Amal Bentousi (Amine 2010), Abderamane Camara (Abdoulaye 2014), Assa Traoré (Adama 2016) ont crié avec nous pour crier leur colère et réclamer justice et vérité pour Babacar et pour leurs frères.

Contre toute attente en ce week-end de Transmusicales, de Téléthon et d’achats de noël, la marche avait été autorisée. Sans surprise, le trajet que nous avions proposé n’avait pas été accepté. Pour la préfecture, c’était à prendre ou à laisser. La raison officielle ? le Téléthon. La raison officieuse: la manifestation des policiers en colère à la Préfecture de Région où nous comptions justement faire une halte.

Les policiers réclament plus de justice, mais la préfecture de Rennes n’est visiblement pas pour la convergence des luttes. Son objectif est clair: nous invisibiliser, au vu de l’absurdité du trajet qui nous a été imposé et des cordons de CRS à chaque carrefour qui nous bloquaient l’accès au centre ville pour nous empêcher d’être vus ou entendus. Nous sommes donc passés par des axes et rues désertées, criant le nom de Babacar et dénonçant l’impunité policère.

Nous sommes aujourd’hui en colère, encore plus, car ce changement de trajet et la présence des forces de l’ordre nous a brimés et est une insulte à la mémoire de Babacar et à la peine de ses proches. Le manque de considération pour la douleur qui nous habite depuis 1 an en dit long sur leur intention de nous contraindre dans cette bataille qui avait débuté 1 an jour pour jour le jour de la marche.

Après 1 mois de diffusion de tracts, de collage d’affiches, de discussions avec les habitants des différents quartiers de Rennes, d’échanges avec les organisations et collectifs, nous savons que ceux qui ont pris il y a 1 an la juste mesure des choses, ceux pour qui la vie humaine compte sans condition, ceux que l’injustice révolte, ceux qui subissent la discrimination au quotidien, sont toujours scandalisés par les conditions de la mort de Babacar. Hier c’était lui, demain ce sera qui?

(1) Mille fois merci à Cases Rebelles pour les affiches et leur soutien moral, Ferguson in Paris pour le car de Paris la coordination et leur soutien logistique, Vies Volées pour son combat nourricier, Zinzin Zine pour la communication, ainsi que des organisations locales comme le NPA pour la déclaration de la marche, Solidaires et Carpes pour la diffusion de tracts, le SLB et la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour les banderoles et la cantine, Mass Prod pour les badges…

Marche commémorative, 1 an, 3 décembre 2016

Publié le 7 octobre 2016 par Zinzin Zine

Meurtres policiers racistes et psychophobes : Marche pour Babacar Gueye le 3 décembre à Rennes.

Meurtres policiers racistes et psychophobes : Marche pour Babacar Gueye le 3 décembre à Rennes.

[Contenu sensible : meurtres policiers racistes et validistes (psychophobes)]

Nous relayons l’appel au rassemblement le Samedi 3 décembre à 14h à Rennes du Collectif Justice pour Babacar Gueye :

« Le 3 décembre 2015 à Rennes, Babacar Gueye a été tué par la police qui lui a tiré 5 balles dans le haut du corps, dont 2 mortelles au niveau du thorax. La police est intervenue alors que Babacar était en situation de détresse psychologique et que son ami avait appelé les secours pour avoir de l’aide. La famille s’est portée partie civile et a porté plainte pour HOMICIDE VOLONTAIRE auprès du procureur de la République à Rennes. Près d’1 an plus tard, un non-lieu a été prononcé pour les policiers et le dossier semble bloqué. STOP AUX VIOLENCES POLICIERES! NOUS EXIGEONS LA VERITE ET LA JUSTICE POUR BABACAR GUEYE! » Un départ groupé est prévu depuis Paris. (Pour plus d’info retrouver le blog du collectif de soutien ici, et leur page facebook ).

Plus récemment, le 22 septembre dernier, à Bézier, un homme noir de 46 ans (dont le nom n’a pas été divulgué) a été tué par la police, alors que visiblement il était aussi en pleine détresse psychologique.

Le caractère raciste, classiste et validiste (ici psychophobe) de ces meurtres est indéniable.

Et nous voudrions insister sur le caractère validiste des violences policières en général, car si en France, l’état refuse de divulguer les données précises et chiffrées concernant ces violences, les chiffres étasuniens sont accablant, puisqu’en 2015 le journal USA Today par exemple rapportait une étude estimant que : « les personnes malades mentales ont 16 fois plus de risques d’être tuées par la police », et on estime également que plus de la moitié des personnes tuées par la police sont des personnes handicapé·e·s. Ceci n’enlève rien au caractère profondément raciste et classiste des violences policières en général, puisque parmi ces victimes handicapé·e·s beaucoup sont aussi des personnes racisé·e·s et/ou pauvres.

Autour de nous, combien de personnes handicapé·e·s et/ou psychiatrisé·e·s sont tué·e·s chaque années par la police sans même que leur meurtre n’accède à la rubrique « faits divers » des journaux ? Comme beaucoup de psychiatrisé·e·s qui traversent parfois des états de conscience hors-normes, les contributriceurs de Zinzin Zine ont trop souvent eu à subir la violence des « forces de l’ordre ». Pour la police, les coups de taser semblent être devenue la norme de la « prise en charge » des personnes en grande détresse psychologique. En 2015, après l’une de ces « interventions » policières, l’une d’entre nous a failli ne jamais se relever. Chiffrée ou non, la dimension validiste des violences policières est pour nous une réalité et une menace qui plane lourdement sur nos vies.

Visibilisons et luttons contre les violences faites aux personnes psychiatrisé.e.s, et à tou.te.s les personnes handicapé.e.s!

Marchons pour Babacar Gueye et toutes les autres victimes de crimes et de violences policères!

Notre solidarité à TOUTES les victimes de violences policières et à leurs proches!

Zinzin Zine