Mois: novembre 2018

Le 1er décembre à Rennes, Paris, Angers, Lyon, Marseille …

 

Dans la nuit du 3 décembre 2015, Babacar a été tué de 5 balles dans le corps par un membre de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) de Rennes alors qu’il était chez des amis. Vers 4h du matin, Babacar a eu une crise d’angoisse, et son ami a appelé les secours afin de pouvoir le prendre en charge. Sauf que cette nuit-là, ce sont 8 policiers qui arrivent dont 4 agents de la BAC, armés de tasers, de matraques télescopiques et d’armes létales, et qui interviennent.a

 

Aujourd’hui, toujours en lutte

Depuis, notre Collectif Justice et Vérité pour Babacar s’est constitué autour de sa sœur, Awa, avec des proches et des soutiens. Des zones d’ombres et des incompréhensions subsistent depuis la mort de Babacar. L’instruction judiciaire n’évoluant pas, et face à l’inefficacité des deux précédents avocats, Awa décide de nommer une nouvelle avocate. Grâce à Maître Tenier, de nouveaux éléments d’enquête ont pu être demandés auprès de la Juge d’instruction. Nous attendons maintenant les conclusions de l’enquête.

 

Nos objectifs

Si nous appelons chaque début du mois de décembre à nous réunir, c’est pour se souvenir, et lutter. Les deux ne sont pas opposés. On lutte pour ne pas oublier : se souvenir c’est déjà résister à l’écrasement face aux institutions et à la propagande médiatique. Chaque événement est l’occasion de raviver la mémoire collective autour de Babacar et de rappeler qui sont les coupables – qui n’étaient pas en état de légitime défense. C’est aussi pour nous et nos soutiens, ami·es, proches, camarades de luttes, l’occasion de nous réunir et de nous renforcer dans cette lutte de longue haleine, alors que l’enquête est toujours en cours. Enfin, c’est une occasion de plus de porter un message politique clair : ce crime n’est ni anodin ni le fruit du hasard, il est à appréhender comme une illustration du racisme systémique et du rôle de la police. Cette année, nous avons pris la décision d’ancrer notre événement annuel de début décembre dans le quartier où Babacar a été tué. Quartier populaire où les violences policières, les inégalités raciales et sociales sont vécues quotidiennement.

 

Comme beaucoup d’entre vous le savent, le vendredi 30 novembre et le samedi 1er décembre 2018 sont deux jours particuliers cette année. Le vendredi correspond à l’appel du Collectif Rosa Parks à disparaître des lieux d’étude, de consommation, des réseaux sociaux, des lieux de travail… Le samedi 1er, ce même collectif appelle à réapparaître, « plus beaux, plus visibles, plus déterminés que jamais pour exprimer et réaliser nos espoirs de justice et surtout notre refus absolu des inégalités, des humiliations et des guerres, qu’elles soient menées ici contre une partie de la population ou à l’étranger. »

 

A Rennes le 1er décembre, un événement régional pour Babacar et pour résister ensemble

Nous pensons que nos combats se rejoignent et bien plus encore vu que nous sommes dans le même bateau. Ainsi, pour concilier ces événements, nous proposons que les collectifs, personnes, groupes qui sont signataires de cet appel, viennent nous rejoindre à Rennes pour en faire un évènement régional de l’ouest et se solidarisent concrètement autour du combat d’Awa Gueye pour son frère. Donnons-nous les moyens d’apparaître à la fois à Paris et à Rennes, et dans toutes les villes où des événements auront lieu.

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Etat d’urgence et violences policières

Appel du collectif Rosa Parks

Justice ou rien!

 

Nous, habitants des quartiers populaires, noirs, arabes et rroms, pleurons, et comptons chaque année ceux que la police a soustrait à la vie. Depuis plus de 40 ans, nous poursuivons le combat de nos anciens, mus par une dignité inflexible. Dans nos quartiers et au-delà des barres d’immeubles nous hurlons que nous ne voulons pas être construits par l’Etat, comme ennemis de l’intérieur, mais qui entend ? Nous refusons que l’on nous déshumanise pour légitimer la guerre que l’on nous mène dans nos banlieues à l’image de celles qu’ils mènent contre les banlieues du Monde. Nous dénonçons les coups de menton des politicards qui en votant dans une majorité écrasante la présomption de légitime défense pour les policiers ouvrent la chasse avec davantage de décharges d’adrénaline et d’armes qui tuent et mutilent.

Nous ne voulons pas de leur Flash Ball, ou du Lanceur à Balles soit disant « Défensives », qui projetées à plus de 330 km/h ont explosé en trois morceaux distincts le testicule d’un adolescent de 15 ans à Argenteuil.

Nous ne voulons pas du Taser, qui a arrêté le cœur de  Mahmadou Maréga, un soir d’automne, après avoir reçu deux décharges de 50 000 Volts.

Nous ne voulons pas de vos balles qui une fois dans le corps, provoquent une onde de choc qui détruit les organes et écrase tous les horizons, toutes les promesses du temps. Ce corps, c’était celui d’Amine Bentounsi, un Arabe, d’Abdoulaye Camara, un Noir, d’Angélo Garand que les gens du voyage pleurent encore.

Nous ne voulons plus de vos grenades de désencerclement ou de vos grenades offensives depuis que Rémy Fraisse n’est plus et que le poing levé d’un zadiste a été arraché.

Et même une simple matraque dans la main de la police devient un instrument de viol, et quoi que dira la justice, Théo Luhaka sait que dans le regard porté sur lui par tous les jeunes des quartiers, il trouvera les larmes de solidarité. Il trouvera la rage de l’indigné.

Et enfin, nous ne voulons plus de ces soi-disant techniques d’immobilisation interdites dans tant de pays déjà, comme la technique de plaquage ventral ou de pliage qui a extirpé lentement, dans une douleur atroce, le dernier souffle de vie des poumons de Lamine Dieng, 25 ans, d’Adama Traoré, 24 ans, d’Ali Ziri, 69 ans.

Ils nous manquent, Amadou Koumé, Hocine Bourras, Wissam El Yamni,  Liu Shaoyu, Babacar Gueye, Morad Touat, Lahoucine Ait-Omghar et tant d’autres ne sont plus que des photos sur un meuble, des souvenirs que les larmes caressent, et des noms sur des banderoles.

Pour tout vous dire, nous ne voulons pas davantage d’une justice qui acquitte ces policiers et qui ose même retourner l’accusation contre les familles de victimes.

Ce sont eux ces morts et ces vivants mutilés qui à cet instant nous convoquent. Ils vous disent, que la police est structurellement raciste, que l’Etat Français a été condamné pour contrôle au faciès, cette cérémonie de dégradation, sans que rien ne change. Ils vous disent que si les quartiers populaires sont un poste avancé des violences policières, celles-ci finissent aussi par s’exercer sur l’ensemble de la population, notamment jeune, qui conteste cet ordre néo-libéral.

Le 30 novembre 2018, contre le racisme et les inégalités sociales, on disparaît de nos lieux de travail, de nos facs, de nos écoles, des réseaux sociaux, des lieux de consommation.

Et le 1er décembre,on réapparaît sur toutes les grandes places des villes, pour exiger Egalité et Dignité pour tous et toutes.

INITIATEURS ET SOUTIENS

Initiateurs : AMDH Paris, ATMF, BAN, Chapelle Debout, Collectif Sans Papiers 75, Collectif pour l’Union Antiraciste et Populaire, Fondation Frantz Fanon, Foul Express, FUIQP, PIR, UJFP, UNPA, Collectifs contre les violences policières  pour Ali Ziri, Angelo Garand, Wissam El Yamni, Amadou Koumé, Amine Bentounsi, Babacar Gueye, Palestine Vaincra – Comité anti impérialiste, Collectif Stop le Contrôle au Faciès, Syndicat des quartiers populaires de Marseille, Collectif 17 Octobre 1961 Banlieue Nord/Ouest.

Soutiens : Union Nationale des Lycéens (UNL), CGT de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, Collectif Ni guerres Ni état de guerre, Marche des solidarités, Survie, Paroles d’Honneur, Mizane.info, CRLDTH, UTAC (Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne), DIN (Decolonial International Network), FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec tou-te-s les Immigré-e-s), MNCP (Mouvement National des Chômeurs et Précaires), Act Up, ATTAC, Collectif ACIDE (Agir Contre les Inégalités et les Discriminations Ethno-raciales), Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie, Collectif AUSAR, Collectif Faty Koumba, Collectif « Comité des fêtes – la fête à Macron, AFA Paris Banlieue, Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT), Droits Devants, Panthères des Ministères, Organisation de la Jeunesse Afrodescendante de Lyon (OJAL).

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